23 juillet 2012 : typhon Vicente sur Hong Kong

Lundi 23 juillet : depuis la veille au soir, de gigantesques colonnes de nuages noirs recouvrent Hong Kong. Et il pleut à torrent. Certes, par intermittence, mais à chaque fois c’est un déluge… des trombes d’eau s’abattent sur la ville !



23 juillet 2012 : typhon Vicente sur Hong Kong
En ce début de semaine de juillet, la baie est grise. Tout comme le ciel et la mine des habitants qui savent que le cyclone Vicente se dirige vers chez eux… Entrainant avec lui son cortège de rafales de vents, de pluies torrentielles et de destructions.

Jusqu’à 14h, les fortes averses alternent avec quelques éclaircies. Puis les choses évoluent. En mal. Désormais, il pleut sans discontinuer des trombes d’eau. De grosses gouttes qui martèlent les visages, s’écrasent sur les parebrises et inondent parcs et jardins.

Pour mon ixième voyage dans l’ex-colonie britannique, une fois encore, je vais devoir faire l’acquisition d’un parapluie ! Je commence à en avoir toute une collection. Unis, à fleurs, à rayures, etc. Souvent moches car toujours achetés dans l’urgence. Le nouveau est plus sympa avec sa toile camouflage. En voilà un que je pourrai réutiliser à Paris ! Une fois n’est pas coutume.

Malgré le parapluie, j’arrive trempé à l’hôtel pourtant situé à dix minutes à pied. A peine dans la chambre du 30ème étage du The Edge by Rhombus de Sheung Wan, dont la vue donne sur la baie et la fameuse tour IFC 2, les pluies se font encore plus fortes. Le ciel s’assombrit d’un coup. Il fait pratiquement nuit en pleine après-midi. Barbie, une amie hongkongaise m’envoie un SMS m’indiquant que le typhon Vicente de force 8 est prévu pour 17h. Encore deux heures à attendre...

23 juillet 2012 : typhon Vicente sur Hong Kong
Vu de cette hauteur, le spectacle est fascinant. Moins d’en bas, j’imagine. Les automobilistes ont allumé leurs phares. Les baies vitrées de la chambre sont cinglées par l’eau et le vent qui s’entendent comme « larrons en foire ». Le panneau indicateur « To Kennedy Town » qui se trouve sur la voie rapide qui longe la mer est fouetté par des trombes d’eau, formant un beau halo bleuté de brume lumineuse…

La mer, toujours très houleuse à cause du trafic extrêmement dense dans le chenal qui sépare l’île de Hong Kong et le continent, se couvre de moutons. Malgré ces intempéries dantesques, le ballet de navettes et des ferrys qui relient les îles et Macao se poursuit. En revanche, les barges sont rentrées se mettre à l’abri dans le port Victoria.

A 17h00, le cyclone tropical n°8 (sur une échelle de 10) est déclaré… « Lorsque un signal n°8 ou supérieur est déclenché, les places financières, les écoles, les commerces et les services publics sont fermés, ce qui met un coup d'arrêt aux échanges de cette place financière majeure » précise une dépêche de l’agence Reuters.

Tout le monde rentre chez soi. Enfin, essaie de rentrer. Les bus sont pris d’assaut. Les métros aussi. Impossible de trouver un taxi ; et ceux qui acceptent doublent ou triplent les tarifs. La loi de l’offre et la demande règne désormais… Vents et pluies redoublent d’intensité. Les parapluies sont trop fragiles et se retournent. Comme si c’était le moment qu’ils rechignent à effectuer leur devoir devant l’adversité !

Les trottoirs sont inondés, des larges flaques d’eau se forment dans les rues. Les autobus à double pont éclaboussent les passants qui avancent trop près de la route. Mieux vaut avoir choisi la bonne paire de chaussures le matin en partant de chez vous… Celle qui vous permet de marcher et de résister à la pluie. En fait, les plus vieilles, les plus moches, celles qui ne craignent plus rien… Et que vous pourrez jeter en rentrant à la maison. Mesdames, mesdemoiselles, si vous avez opté pour vos escarpins à semelles rouges, vous risquez d’être vertes de rage ! Dans ces cas-là, on comprend mieux pourquoi certains hongkongais se promènent avec des Crocs, des tongs ou des bottes de caoutchouc (même avec 30 degrés à l’extérieur). C’est moche, mais ça ne risque rien.

Vers 19h00 je tente une sortie pour aller diner chez Nha Trang, mon restaurant vietnamien préféré, qui se trouve à un quart d’heure à pied. Dehors, le typhon a fait tomber la température, mais il fait encore bien chaud. Impossible d’ouvrir le parapluie. Trop de zef. En quelques secondes, je suis trempé de la tête aux pieds. La pluie me gifle le visage. Cartons, sacs plastiques, branches arbres et détritus volent comme des fétus de paille… Il ne reste plus qu’à espérer que les échafaudages de bambou et les grandes enseignes lumineuses sont solidement arrimés. Le diner « viet » sera pour une autre fois. Je m’arrête dans le premier Seven-Eleven pour y acheter une soupe chinoise. Et passer la soirée dans ma chambre d’hôtel devant Facebook et un film hongkongais…

Il parait que dans la nuit de lundi à mardi, le cyclone tropical a atteint le niveau 10 à certains endroits. Le lendemain matin, les pluies et les vents restent encore très puissants. Près de 140 personnes ont été blessées dont la moitié a été hospitalisées et un homme sérieusement touché. D’énormes arbres sont tombés au sud de l’île de Hong Kong coupant les routes qui mènent au petit village de Stanley ou de Shek O. Des bateaux se sont fracassés contre des digues à Deep Water Bay. Des centaines de passagers sont restés coincés à l’aéroport (voire dans les avions) de Chep Lap Kok. Des Hongkongais ont passé des heures dans les transports à attendre un métro, un bus ou un ferry. Certains passagers ont même dû passer la nuit coincés dans une gare de métro.

Quant aux météorologues, ils ne comprennent pas comment une simple dépression tropicale s’est transformée en deux jours en un cyclone d’une telle intensité….

Jean-Philippe Tarot pour www.hong-kong-cityguide.com

Jeudi 26 Juillet 2012
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