La vie sans principe : le nouveau film de Johnny To... sur fond de crise financière...

Le dernier film du célèbre réalisateur hongkongais Johnny To est sorti sur les écrans français le 18 juillet dernier. Avec Lau Ching-Wan, Richie Ren et Denise Ho, ce nouvel opus s’intéresse à trois personnages : une employée de banque, un escroc à la petite semaine et un flic honnête. Trois êtres que tout sépare et trois vies bouleversées par le monde turbulent de Hong Kong, en plein marasme économique et financier.



La vie sans principe : le nouveau film de Johnny To... sur fond de crise financière...
Teresa, employée de banque ordinaire, incite ses clients à faire des investissements risqués pour remplir ses objectifs financiers.

Panther, escroc à la petite semaine, plonge dans le monde de la spéculation boursière dans l’espoir de gagner facilement de l'argent pour payer la caution d’un de ses amis qui rencontre quelques soucis avec la justice.

Enfin, l’inspecteur Cheung est un flic honnête. Jusque-là satisfait de son modeste train de vie, il a tout à coup un besoin d’argent criant lorsque sa femme verse un acompte pour acheter un appartement luxueux au-dessus de leurs moyens.

Tout sépare ces trois personnages jusqu’à ce que leur rapport à l’argent –et un mystérieux sac contenant cinq millions de dollars volés– les poussent à prendre des décisions cruciales malgré leurs cas de conscience.

Trois vies bouleversées par le monde turbulent de Hong Kong, en plein marasme économique et financier.

La vie sans principe selon Johnny To
« Je voulais montrer la banque de l’intérieur en filmant une de ses employés (Denise Ho). Car le plus grand problème de la crise économique mondiale, ce sont les banques. Les banques ont perdu leurs identités. Quand j’étais enfant c’était des endroits sûrs qui protégeaient votre argent… Désormais les banques sont dangereuses. Elles vous vendent des produits dont vous n’avez pas besoin ou vous en font acheter d’autres, sans se préoccuper de savoir si vous avez l’argent pour les acquérir.

La deuxième chose très importante à propos de cette crise économique, c’est l’obsession de tout le monde pour la propriété. Aujourd’hui, chacun d’entre nous veut acheter un appartement, mais personne n’a vraiment l’argent car les prix à Hong Kong par exemple sont beaucoup trop élevés. C’est ce que constate le personnage du policier (Richie Jen) dans le film.

Enfin, il y aussi la dette. Nous sommes massivement endettés en millions de dollars américains que nous ne pouvons pas rembourser. Nous sommes comme les gangsters du film qui font le tour de la ville pour payer la caution d’un des leurs, en vain. Nous vivons dans un casino géant où tout le monde joue avec l’argent de tout le monde.

C’est un monde turbulent. Pour survivre, les gens n’ont pas d’autre choix que de jouer. Peu importe combien de temps vous parvenez à suivre les règles, tôt ou tard, une partie d’entre vous seront perdus
».

La vie sans principe, DR
La vie sans principe, DR
La crise financière de Hong Kong
La vie sans principe est un film personnel de Johnnie To qui aborde le sujet sensible de la crise financière à Hong Kong.

Affolements boursiers, crise de l’immobilier, comment la crise mondiale s’est-elle répercutée sur l’ancienne colonie britannique ?

En tant que place forte de la finance mondiale (troisième Bourse après Londres et New York), Hong Kong n’a pas échappé à la grande crise de 2008, même si les autorités chinoises ont réagi rapidement.

La bourse de Hong Kong est ainsi entrée en récession au dernier trimestre de 2008, octobre marquant le paroxysme de ce mouvement avec une chute de 60% de l’indice Hang Seng par rapport à la fin de l’année 2007.

Le magazine Forbes relève à l’époque que la crise touche toute la société, citant l’exemple du magnat Li Ka-shing dont la fortune –32 milliards– avait fondu de moitié. En bas de l’échelle, le chômage –reparti depuis à la baisse– ne cessait d’augmenter au-delà du seuil habituel de 3,5%, affolant les estimations.

L’immobilier a été durement touché par cette situation avec un glissement de près de 25% dont la correction ne s’est toujours pas achevée. Enfin, la crise a eu un effet psychologique considérable ; en 2009 un sondage Gallup
International s’est attaché à montrer que les Hongkongais étaient les plus pessimistes sur les perspectives de l’année, derrière les Islandais.

Bien sûr, le spectre de la crise asiatique de 1997 plane sur le moral de la population, comme en témoigne ce commentaire d’Andrew Corner, de Asian Capital Partners : « Il y a bien sûr un coup de blues, mais rien de dramatique. Avec le recul, les Hongkongais voient qu’à chaque fois qu’ils ont paniqué, ils l’ont regretté car tout est reparti très vite ».

Du côté de la presse, même ton rassurant justifié par le nombre très réduit de suicides… Au deuxième semestre 2011, les répercussions de la crise de la zone euro dans les pays partenaires de l’Europe, dont la Chine, ont une nouvelle fois fragilisé le marché faisant chuter toutes les bourses asiatiques. Néanmoins, depuis un an, l’économie de Hong Kong s’est redressée après une panique financière bien réelle que la Chine a su gérer.


Samedi 28 Juillet 2012
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